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Historique des recherches

Table des mati«²res

(Seul le rattachement universitaire actuel du chercheur est mentionn«±. Si ce n¡Çest pas le cas, («¢ ce moment, Universit«± ¡Ä) a «±t«± ajout«±. Cela sera mentionn«± une fois seulement. Le rattachement des chercheurs de l¡ÇUniversit«± de Kyoto n¡Çest pas pr«±cis«±.)

1. Historique des recherches japonaises au Cameroun

 1-1. Les d«±buts: primates et sciences naturelles

http://jambo.africa.kyoto-u.ac.jp/cgi-bin/CameroonFS_en/wiki.cgi?action=ATTACH&page=Research+History&file=cameroon%5Fen%2Ejpg

Une longue histoire lie le Cameroun aux recherches universitaires des chercheurs japonais. Cela a commenc«± il y a plus de cinquante ans, en 1958, avant l¡Çind«±pendance du Cameroun, lorsque feu Junichiro Itani, de l¡ÇUniversit«± de Kyoto, s¡Çest rendu dans la R«±serve de faune du Dja pour effectuer une «±tude pr«±liminaire sur les grands hominid«±s sylvestres. Une description d«±taill«±e de son exploration est disponible dans le premier chapitre du livre Afurika dobutsuki [Les animaux africains] (1964). Ses recherches l¡Çont amen«± par la suite «¢ se d«±placer du Cameroun vers les for«´ts za«Ároises dans la partie est du Bassin du Congo. Il aura fallu attendre les ann«±es 80 pour qu¡Çun autre chercheur japonais, Masao Kawai, qui «±tait «¢ ce moment professeur au sein de l¡ÇInstitut de Recherche sur les Primates de l¡ÇUniversit«± de Kyoto, et son «±quipe viennent au Cameroun et plus pr«±cis«±ment au parc national de Campo-Ma¡Çan, dans le Sud-Ouest du pays, pour y «±tudier les Cercopith«±cid«±s (Cercopithecidae) sylvestres, en particulier les drills et les mandrills. Dans les ann«±es 90, Hideyuki Osawa, Naofumi Nakagawa ainsi que d¡Çautres chercheurs ont men«± des recherches sur les patas et les singes peuplant la savane dans le parc national de Kalamaloue dans la r«±gion du Nord.

En parall«²le «¢ ces projets de recherches entrepris par l¡ÇInstitut de Recherche sur les Primates, Koichi Koshimizu et d¡Çautres chercheurs ont examin«± les potentielles propri«±t«±s m«±dicinales de plantes et d¡Çherbes pr«±sentes dans le parc national de Campo-Ma¡Çan ; Mikio Kaji (Universit«± de Tokyo) s¡Çest lui concentr«± sur la v«±g«±tation des for«´ts dans ce m«´me parc. Au m«´me moment, Hiroyoshi Chujo («¢ ce moment, Universit«± Chubu) conduisait des recherches phytosociologiques comparatives «¢ l¡Çinterface entre les biomes de la for«´t et de la savane.

On recense «±galement des «±tudes de long terme effectu«±es par des chercheurs japonais au Cameroun dans le domaine des sciences naturelles non biologiques. On peut citer l¡Ç«±tude physiographique de Hiroshi Kadomura («¢ ce moment, Universit«± M«±tropolitaine de Tokyo), Nobuyuki Hori (idem), entre autres, et les recherches en mati«²re de g«±oscience de Minoru Kusakabe («¢ ce moment, Universit«± d¡ÇOkayama), notamment, sur le lac Nyos et le lac Monoun (ces deux lacs volcaniques ont caus«± des catastrophes naturelles par des «±ruptions gazi«²res).

 1-2. Anthropologie culturelle et «±tude des sciences humaines

Au m«´me moment, les «±tudes d¡Çanthropologie culturelle au Cameroun ont gagn«± en attractivit«± par le biais de l¡Çorganisation « Exp«±dition pour la recherche sur la Grande Savane » de feu Morimichi Tomikawa et Shunya Hino, tous deux chercheurs «¢ l¡ÇUniversit«± de Tokyo des «±tudes «±trang«²res, «¢ la fin des ann«±es 60. Hino, pionnier en mati«²re d¡Çanthropologie urbaine au Cameroun, a concentr«± ses recherches dans la ville principale de la r«±gion de l¡ÇAdamawa, Ngaound«±r«±, ainsi que dans le village de Mbang-Mboum pour son travail de terrain. Haruka Wazaki (Universit«± Chubu) a conduit des recherches «¢ long terme dans la ville de Foumban sur le peuple bamoun, alors que Yoshito Shimada (Universit«± de Nagoya) a «±tudi«± le royaume musulman de Rey Bouba dans le nord du pays. Misa Hirano (n«±e Nomoto) s¡Çest int«±ress«±e au peuple Bamileke, c«±l«²bre pour son sens des affaires, dans la capitale Yaound«± et dans la r«±gion de l¡ÇOuest. Les travaux d¡Çanthropologie urbaine sont essentiellement poursuivis aujourd¡Çhui par les jeunes chercheurs de l¡ÇUniversit«± de Nagoya. Derni«²rement, Mioko Kobayashi (Universit«± de Nagoya) a «±tudi«± la vie des femmes dans le royaume musulman ; quant «¢ Akiyo Shioya (Universit«± de Nagoya), elle s¡Çest pench«±e sur l¡Çactivit«± des march«±s g«±r«±s par la communaut«± Eton.

Dans le nord-ouest du Cameroun, anglophone, Nobuyuki Hata («¢ ce moment, Mus«±e National d¡ÇEthnologie) a effectu«± une «±tude de la soci«±t«± monarchique traditionnelle de la communaut«± Mankon, et Shigehiro Sasaki (Universit«± de Nagoya) s¡Çest concentr«± sur la culture du masque au sein du peuple Ejagham dans l¡ÇEtat de Cross-River. Actuellement, Sumiko Goto (Universit«± de Nagoya) «±tudie la chefferie de Nkamb«± dans la r«±gion du Nord-Ouest.

En ce qui concerne la linguistique, feu Kazuhisa Eguchi («¢ ce moment, Mus«±e National d¡ÇEthnologie) a explor«± le folklore et la tradition orale des peuls dans la ville de Maroua. En mati«²re de linguistique descriptive, Yasutoshi Yukawa («¢ ce moment, Universit«± de Tokyo des «±tudes «±trang«²res) a «±tudi«± les langues Bantu dans l¡Çouest du Cameroun, alors que Ryohei Kagaya (Universit«± de Tokyo des «±tudes «±trang«²res) s¡Çest focalis«± sur la langue Bakweri parl«±e dans le nord-ouest du pays. En plus de ces recherches, on peut citer les travaux r«±cents de Nobutaka Kamei (Universit«± pr«±fectorale d¡ÇAichi) sur la langue des signes des malentendants camerounais.

Enfin, des «±tudes sur la culture mat«±rielle ont «±t«± men«±es par Jun Mori («¢ ce moment, Universit«± des Arts d¡ÇOsaka) et Kazuyo Iseki (Universit«± des Arts d¡ÇOsaka) qui abordent des questions culturelles «¢ travers l¡Çartisanat.

 1-3. Recherches «±co-anthropologiques

http://jambo.africa.kyoto-u.ac.jp/cgi-bin/CameroonFS/wiki.cgi?action=ATTACH&page=%C9%FE%C9%F4%BB%D6%C8%C1&file=hattori%7Ea%2Ejpg

Bien que l¡Ç«±co-anthropologie ait «±t«± l¡Çun des piliers centraux des recherches africaines de l¡ÇUniversit«± de Kyoto, la recherche «±co-anthropologique au Cameroun a «±t«± remise au go«åt du jour seulement en 1993, plus de trois d«±cennies apr«²s l¡Çexp«±dition d¡ÇItani mentionn«±e ci-dessus, par Daiji Kimura, Rosei Hanawa, Kaori Komatsu et Shigehiro Sasaki. D«²s lors, les recherches sur l¡Ç«±conomie «±cologique, la soci«±t«±, et la culture des populations sylvestres ont repris essentiellement dans les for«´ts tropicales humides qui englobent la moiti«± sud du Cameroun. Malgr«± les contenus diff«±rents qu¡Çelles rec«²lent, ces recherches comportent de nombreux points communs. D¡Çabord elles ont toutes «±t«± men«±es sur le long terme et sur le terrain. Ensuite, elles sont d¡Çune grande « densit«± ». En effet, dans une zone relativement restreinte – le sud-est camerounais, il est possible d¡Çobserver les nombreux moyens de subsistance des locaux, que ce soit la chasse, la cueillette, l¡Çagriculture ou la p«´che. Si leur r«±sidence principale se trouve en g«±n«±ral dans les villages au bord des routes, ils ont recours tr«²s souvent aux camps de chasse dans les for«´ts primaires et aux camps de p«´che construits sur les berges des cours d¡Çeau. Cette r«±gion, berceau d¡Çhabitants aux profils tr«²s divers, est le sujet d¡Çintenses recherches par plus de 20 chercheurs.

C¡Çest le concept d' « «±cologie » au sens large qui doit servir de socle «¢ ces recherches. Aujourd¡Çhui, bien que le terme soit commun«±ment d«±fini comme « l¡Ç«±tude des interactions entre des organismes vivants et leurs environnements », son sens original va bien au-del«¢. Le pr«±fixe « «±co » du terme « «±cologie » est d«±riv«± du grec oikos, qui signifie « maison ». Ainsi, « «±cologie » signifie en r«±alit«± « l¡Ç«±tude de l¡Çhabitation et de l¡Çenvironnement qui l¡Çentoure ». Ici, le terme « environnement » ne se limite pas «¢ son sens biologique. Le souci d¡Çessayer de comprendre un ph«±nom«²ne donn«±, qu¡Çil se situe dans un contexte social ou culturel, en relation avec son environnement imm«±diat, est, en effet, une approche «±cologique au sens large.

Par ailleurs, la recherche «±co-anthropologique contemporaine a «±t«± critiqu«±e pour son manque de perspective historique. En d¡Çautres termes, du fait de l¡Çint«±r«´t pr«±dominant «¢ d«±crire les styles de vie des populations du pr«±sent, les chercheurs qui utilisent des donn«±es historiques ont «±t«± limit«±s, et, par cons«±quent, des ph«±nom«²nes sp«±cifiques n¡Çont pas «±t«± plac«±s de fa«®on ad«±quate dans le contexte historique r«±gional. On peut aussi critiquer le manque de consid«±ration pour l¡Çobservation d¡Çun espace plus large que celui «±tudi«± alors que tant d¡Çefforts ont «±t«± fournis pour analyser la soci«±t«± et l¡Çenvironnement en question. Cela dit, de nombreux projets de recherche r«±cents, de plus en plus influenc«±s par les trois cadres de l¡Ç«±cologie (culturel, historique et politique) propos«±s par Mitsuo Ichikawa, tentent de se rapprocher de la perspective historique et de prendre en compte les aspects relationnels avec l¡Çext«±rieur.

2. Orientation des recherches r«±centes

Nous allons voir ici dans une br«²ve introduction un aper«®u des recherches r«±centes dans trois domaines, «¢ savoir : la recherche sur les chasseurs-cueilleurs et sur les fermiers pratiquant l¡Çagriculture sur br«ålis – deux groupes qui ont «±t«± intensivement «±tudi«±s dans les ann«±es 90 et 2000, et la recherche se reposant sur l¡Ç«±tude des interactions transfrontali«²res des sujets de recherches sp«±cifiques. La recherche sur des sujets autres que les chasseurs-cueilleurs et sur les fermiers pratiquant l¡Çagriculture sur br«ålis – comme les populations urbaines, les p«´cheurs et les «±leveurs – est aussi de plus en plus privil«±gi«±e.

 2-1. Recherches dans la for«´t tropicale

2-1-1 Recherches sur les chasseurs-cueilleurs

Les chasseurs-cueilleurs pygm«±es ont «±t«± l¡Çun des sujets de pr«±dilection des chercheurs de l¡ÇUniversit«± de Kyoto et d¡Çautres universit«±s japonaises en mati«²re d¡Ç«±co-anthropologie en Afrique. Alors que les Mbuti et les Ef«± qui se trouvent dans la r«±gion nord-est du bassin du Congo et les Aka dans la r«±gion nord-ouest ont «±t«± «±tudi«±s avant les ann«±es 80, les pygm«±es Baka, qui vivent dans le sud-est du Cameroun, ont fait l¡Çobjet de recherche relativement tardivement. Des «±tudes sur les Baka effectu«±es par des chercheurs europ«±ens et am«±ricains se limitaient aux sujets du langage, de la culture et des pratiques rituelles avant les ann«±es 80 ; ces «±tudes ne mettaient pas en «±vidence l¡Çinterconnexion importante sur le plan «±cologique du style de vie des chasseurs-cueilleurs avec l¡Çenvironnement de la for«´t tropicale. C¡Çest dans ce contexte que l¡ÇUniversit«± de Kyoto et d¡Çautres universit«±s japonaises ont d«±velopp«± d«²s les ann«±es 90, en tant qu¡Çun de leurs piliers centraux, les recherches sur les chasseurs-cueilleurs Baka dans une perspective «±cologique, en se concentrant sur des th«²mes comme l¡Çethnoscience, la durabilit«± des activit«±s de chasse et de cueillette, les relations ethniques entre groupes de chasseurs-cueilleurs et de fermiers et les aspects «±co-politiques des activit«±s de subsistance.

Le fameux « probl«²me de l¡Çigname sauvage », qui se fonde sur la possibilit«± ou l¡Çimpossibilit«± pour les chasseurs-cueilleurs peuplant les for«´ts tropicales africaines de maintenir un mode de vie strict de chasseur-cueilleur sans se reposer sur l¡Çagriculture, s¡Çest pos«± «¢ la fin des ann«±es 80 ; «¢ ce jour, ce probl«²me est rest«± sans solution. Hirokazu Yasuoka (Universit«± Hosei) s¡Çest pench«± sur la question en mettant en place une observation participante en prenant part, en plusieurs occasions, au « molongo » (longue exp«±dition pour le fourrage) des pygm«±es Baka ; apr«²s plus de deux mois et demi d¡Çobservation, il en a conclu que le mode de vie des Baka reposait enti«²rement sur la chasse et la cueillette. Dans sa tentative pour r«±pondre «¢ la m«´me question, Hiroaki Sato (Ecole de M«±decine de l¡ÇUniversit«± d¡ÇHamamatsu) et ses coll«²gues ont d«±montr«±, en utilisant les m«±thodes «±co-anthropologiques, que les Baka, aussi longtemps qu¡Çils vivent en petits groupes, peuvent maintenir un mode de vie sain bas«± sur la chasse et la cueillette sans avoir recours «¢ l¡Çagriculture tout au long de l¡Çann«±e. Ces conclusions ont grandement contribu«± «¢ mieux cerner le « probl«²me de l¡Çigname sauvage ».

Taro Yamauchi et Izumi Hagino, de l¡ÇUniversit«± de Hokkaido, m«²nent actuellement des recherches «±co-anthropologiques bas«±es sur la croissance et l¡Çalimentation des pygm«±es Baka. Hagino, qui a proc«±d«± «¢ des tests physiques sur les enfants Baka, a d«±couvert que la pouss«±e de croissance qui se produit durant la pubert«± est par nature moins rapide chez les enfants Baka. De plus, Kyohei Kawamura (Universit«± Yamanashi) a analys«± la pression sanguine des pygm«±es Baka dans les camps de chasse et de cueillette afin de mettre en lumi«²re les relations existentes entre la sant«± et la qualit«± de vie dans les camps de chasse et de cueillette au sein de la for«´t tropicale.

Shiho Hattori (Universit«± Tenri) a r«±dig«± une liste d«±taill«±e d¡Çenviron 600 esp«²ces de plantes tropicales connues des Baka, et a «±valu«± quantitativement la transmission de l¡Çethno-savoir sur la flore au sein du groupe. Cette «±tude permet de r«±v«±ler sp«±cifiquement comment la cr«±ation, l¡Çextinction et la transmission de l¡Çethno-savoir se produisent dans une soci«±t«± de chasseurs-cueilleurs.

Yujie Peng effectue des recherches sur le tatouage et d¡Çautres formes de modification corporelle et d¡Çornement, et m«²ne des enqu«´tes sur les tendances g«±ographiques de l¡Çethnoscience relative au corps humain en se basant sur des «±tudes «±tendues sur une vaste zone g«±ographique. Peng examine, en plus, la mani«²re dont la connaissance et les technologies non directement li«±es aux techniques de survie sont transmises de g«±n«±ration en g«±n«±ration entre les pygm«±es Baka.

Des recherches sur la transformation des soci«±t«±s de chasseurs-cueilleurs et leurs rapports avec la soci«±t«± globale sont «±galement conduites. S¡Çappuyant sur une observation participante au sein des camps de chasse des pygm«±es Baka, Koji Hayashi (Universit«± Kobe Gakuin) met en avant le fait que la mutation des activit«±s de chasse par l¡Çadoption de pi«²ges «¢ ressort et de fusils de chasse est due «¢ l¡Çattrait pour l¡Çagriculture et la s«±dentarisation. Naoki Matsuura (Universit«± pr«±fectorale de Shizuoka), qui «±tudie les relations sociales parmi les pygm«±es Babongo au Gabon – au sud du Cameroun – et leurs relations ethniques avec les groupes d¡Çagriculteurs qui se trouvent «¢ proximit«±, a «±tudi«± les modes de visite des Baka au Cameroun afin de les comparer «¢ ceux des Babongo ; ces derniers se sont mieux d«±velopp«±s que les Baka face «¢ la transition vers la s«±dentarisation et l¡Çadoption de l¡Çagriculture. En ce qui concerne l¡Çadoption de l¡Çagriculture par les chasseurs-cueilleurs, Koichi Kitanishi (Universit«± Yamaguchi) a effectu«± une mise au point sur l¡Ç«±tat de la culture des bananes plantains bas«±e sur une agriculture sur br«ålis de petite envergure, dans laquelle les Baka s¡Ç«±taient d«±j«¢ lanc«±s. Kitanishi a r«±fl«±chi sur la raison qui les a pouss«±s «¢ adopter de telles pratiques en rapport avec les sp«±cificit«±s «±cologiques propres «¢ la banane. Takanori Oishi, en mettant en avant le fait que les pygm«±es Baka ont commenc«± non seulement la culture pour leur consommation personnelle mais aussi la culture de rente comme celle du cacao, «±claircit un aspect des interactions entre les syst«²mes «±conomiques globaux et/ou r«±gionaux et le syst«²me politico-«±conomique local qui inclut les groupes de chasseurs-cueilleurs.

2-1-2. Etude sur les fermiers qui pratiquent la culture sur br¾­éÍis

L¡Ç«±tude de l¡Çagriculture au Cameroun par les chercheurs japonais a d«±but«± lorsque Nobuyuki Hata, membre de l¡Ç « Exp«±dition pour la Recherche sur la Grande Savane » mentionn«±e plus t«Ôt, a effectu«± des enqu«´tes sur les villages agricoles des Dourou, peuple vivant dans la savane au nord du Cameroun. La culture sur br«ålis dans la for«´t tropicale humide des Bantu a fait l¡Çobjet de recherches seulement «¢ partir de 1993, deux d«±cennies apr«²s les recherches effectu«±es dans la savane. Kaori Komatsu (Universit«± de Shizuoka) et Rosei Hanawa ont alors commenc«± «¢ mener, dans un village vers lequel les diff«±rents groupes ethniques avait migr«±, leurs recherches sur la culture des bananes plantains et le syst«²me de culture sur br«ålis dans lequel les plantes sont laiss«±es telles quelles. En poursuivant ses recherches sur les habitudes alimentaires des fermiers, Komatsu a progressivement «±largi le champ de sa recherche sur la situation alimentaire de l¡ÇAfrique tropicale dans son ensemble. Par la suite, Kagari Shikata a entam«± des recherches en 2000 sur la culture sur br«ålis pratiqu«±e par les fermiers Bangandou dans la r«±gion sud-est au Cameroun. Elle a d«±montr«± que ces fermiers poss«±daient plusieurs champs de bananiers plantains, un de leurs aliments de base, et qu¡Çil «±tait possible de produire des r«±coltes stables tout au long de l¡Çann«±e. De plus, elle a clarifi«±, d¡Çun point de vue historico-«±cologique, la part des activit«±s humaines dans le cycle de la mise en place de la culture sur br«ålis et de la reforestation, par exemple, la culture de plantains aux for«´ts secondaires issues de la culture sur br«ålis. Parmi les fermiers vivant dans la for«´t tropicale humide, on trouve des individus ayant des origines ethniques extr«´mement diversifi«±es et d¡Çautres qui ont un mode de vie tr«²s complexe. Takanori Oishi a «±tudi«± la combinaison agriculture/p«´che le long des rives des cours d¡Çeau par les Bakwele, qui peuplent la partie inf«±rieure de la rivi«²re Dja dans la r«±gion sud-est au Cameroun. Ryota Yamaguchi a, lui, analys«± les perceptions des Bakwele ; il s¡Çest concentr«± sur les croyances en mati«²re de sorcellerie/magie et les maladies, ainsi que sur la dichotomie entre le savoir traditionnel et le savoir scientifique/rationnel «¢ la lumi«²re de l¡Çanthropologie culturelle.

D«²s 2005, Kenta Sakanashi (Universit«± Doshisha) a port«± essentiellement son attention sur la production du cacao autour de la R«±serve de faune du Dja dans la province du Sud au Cameroun. Il en est ressorti que, dans cette r«±gion faiblement peupl«±e, le vin de palme et la viande obtenus par la chasse et la cueillette sont utilis«±s pour compenser les efforts de la main d¡Ç©Íuvre, qui est vitale pour la r«±colte du cacao. R«±cemment, des initiatives visant «¢ favoriser la pr«±servation de la for«´t ont «±t«± initi«±es par le gouvernement et les organisations internationales. Alors que, d¡Çun c«Ôt«±, de telles initiatives limiteraient la chasse et la cueillette de la population, de l¡Çautre, il appara«Ât clairement qu¡Çelles mettraient en valeur la production du cacao pour laquelle ces activit«±s sont n«±cessaires. A partir de ces recherches, on peut observer que les habitants de la r«±gion foresti«²re du sud et du sud-est du Cameroun n¡Çont pas d«±truit la for«´t sans discernement ; ils s¡Çinvestissent plut«Ôt dans l¡Çagriculture en contribuant «¢ la r«±g«±n«±ration de la for«´t «¢ un certain degr«±. En partant de cette affirmation, il serait n«±cessaire d¡Çeffectuer des recherches qui prennent en compte non seulement le lien entre la culture sur br«ålis et l¡Çenvironnement de la for«´t, mais aussi la chasse et la cueillette, la p«´che, ainsi que la culture de rente, les mouvements migratoires internes vers la r«±gion foresti«²re ou des for«´ts vers les villes, ou encore les flux de technologies et d¡Çinformation qui accompagnent ces mouvements. Engager des discussions avec les populations locales sur la fa«®on dont l¡Çagriculture peut coexister avec les initiatives pour la protection de la for«´t et des animaux sauvages et sur les moyens d¡Çobtenir de la nourriture et des revenus est l¡Çun de nos d«±fis majeurs.

2-1-3. Etudes des interactions

En plus des «±tudes «±co-anthropologique – au sens strict du terme – qui d«±coulent d¡Çun ensemble de donn«±es li«±es aux aspects physiques des syst«²mes de subsistance, l¡Ç«±tudes des interactions, qui se focalise sur les interactions entre individus lors des chants et des danses ainsi que dans les conversations quotidiennes, ont fait petit «¢ petit leur apparition dans les ann«±es 80. Parmi les «±tudes effectu«±es dans le Bassin du Congo, la premi«²re «¢ se consacrer aux interactions a «±t«± celle de Masato Sawada (Universit«± Kyoto Seika) sur les chants et les danses au sein de la communaut«± de chasseurs-cueilleurs Efe en R«±publique D«±mocratique du Congo (RDC). Par cette approche, Sawada a tent«± de se plonger dans les croyances des Efe sur la vie et la mort. Daiji Kimura a aussi commenc«± «¢ analyser les interactions des individus au quotidien, en se concentrant sur l¡Çinteraction phon«±tique des Bongando, des fermiers, en RDC, et des Baka, qui vivent au Cameroun, tout en incorporant des m«±thodes analytiques quantitatives puis«±es dans l¡Çapproche «±co-anthropologique traditionnelle. En se basant sur cette «±tude, Kimura examine les actes quotidiens qui am«²nent le sens de copr«±sence et qui diff«²rent de ceux pratiqu«±s dans les soci«±t«±s modernes/de culture occidentale. Daisaku Tsuru (Universit«± Kyoto Seika) et Daisuke Bundo (Universit«± Shinshu) ont tous deux explor«± les rassemblements des Baka autour des chants et des danses connus sous le nom de « be ». Leur int«±r«´t s¡Çest port«± sur ces « rassemblements », qui semblent se former dans le chaos et qui sont libres de toute norme culturelle. Une grande partie de l¡Ç«±tude des interactions au Cameroun a cibl«±s les communaut«±s de chasseurs-cueilleurs Baka, parce qu¡Çil est difficile de d«±crire, on peut le pointer du doigt, les structures sociales traditionnellement abord«±s en anthropologie (la parent«±, l¡Çorganisation du logement, les classes sociales, la logistique, les rituels, etc.) au sein des communaut«±s de chasseurs-cueilleurs. L¡Ç«±tude des interactions consid«²re que l¡Çordre social d«±coule des interactions sur ces lieux pr«±cis. C¡Çest peut-«´tre la raison pour laquelle l¡Ç«±tude des interactions sur les Baka s¡Çest tant d«±velopp«±e comme elle peut l¡Ç«´tre actuellement. On peut consulter les r«±sultats de ces «±tudes dans le livre « intarakushon-no-kyokai-to-setsuzoku: saru-hito-kaiwa-kenkyu kara » [Les limites et la connectivit«± de l¡Çinteraction : «±tude des primates, des humains et de la conversation] publi«± par Intarakushon-Kenkyu-Kai [Soci«±t«± pour l¡ÇEtude des Interactions], dont Kimura est le pr«±sident. L¡Çint«±r«´t pour l¡Ç«±tude des interactions est toujours d¡Çactualit«±. R«±cemment, Koji Sonoda a «±tudi«± l¡Çinteraction entre adultes et enfants dans le cadre de travaux en commun. A travers cela, Sonoda esp«²re expliquer la relation entre «±ducation, qui a «±t«± pr«±c«±demment d«±crite comme « non-proactive », et la vie quotidienne des chasseurs-cueilleurs, c¡Çest-«¢-dire de clarifier la relation entre « l¡Ç«±ducation » Baka et leur environnement naturel, en prenant en compte les interactions quotidiennes en d«±tail.

 2-2. Recherches dans la savane

Des chercheurs de l¡ÇUniversit«± de Kyoto ont commenc«± en 2003 «¢ effectuer des recherches dans la savane. Au d«±but, Hiroyuki Inai participait «¢ des recherches «±co-anthropologiques dans le sud-est du Cameroun sur la coexistence des p«´cheurs locaux avec les p«´cheurs migrants du nord du pays. Il a depuis chang«± de zone d¡Ç«±tude pour aller dans la r«±gion entourant la rivi«²re Logone qui coule dans le centre-ouest du Tchad et l¡Çest de la r«±gion de l¡ÇExtr«´me-Nord au Cameroun ; il y «±tudie actuellement les m«±canismes qui sous-tendent le travail des migrants dans le cadre de la p«´che et des changements sociaux qui en r«±sultent. Cette recherche contribue aussi «¢ analyser la circulation des ressources aquatiques, qui retient particuli«²rement l¡Çattention ces derni«²res ann«±es. Akito Yasuda s¡Çint«±resse «¢ la chasse en tant que loisir pratiqu«± par les occidentaux dans les environs du Parc National de Bnue dans la R«±gion du Nord. Yasuda s¡Çinterroge sur la durabilit«± du mode de vie des locaux du point de vue de la sociologie environnementale. Ses recherches fournissent un savoir accru et une id«±e sur la fa«®on dont on peut pr«±server la faune et le tourisme qui consid«²re la faune comme une ressource. Reiko Hayasaka a effectu«± des recherches sur les Bororo, un groupe faisant partie des Fulbe, qui ne se sont pas convertis «¢ l¡Çislam et qui continuent de vivre de fa«®on nomade. Ce groupe s¡Çest attribu«± le nom de Bororo, s¡Çest organis«± et s¡Çest engag«± dans diverses actions pour am«±liorer ses conditions sociales. Dans ces mouvements, Hayasaka a observ«± la formation et la mutation d¡Çune identit«± ethnique au sein des Bororo au regard de leurs activit«±s de subsistance. La d«±fense des droits des minorit«±s, dans le cas de ce groupe ainsi que d¡Çautres groupes sembblables aux Bororo, est devenue une pr«±occupation majeure pour les chasseurs-cueilleurs vivant dans les r«±gions foresti«²res.

 2-3. Recherches aux urbaines

En 1993, Misa Hirano (n«±e Nomoto) a entam«± des recherches sur la migration urbaine dans la ville de Yaound«±, et en particulier, sur l¡Çentraide et les activit«±s «±conomiques des Bamileke, c«±l«²bres pour leur sens des affaires. Les Bamileke qui ont migr«± vers la ville ont form«± des associations, qui incluent les membres d¡Çun m«´me village, et par lesquelles ils s¡Çentraident et «±tablissent un syst«²me de mise en commun de biens/capitaux appel«± tontine afin d¡Çam«±liorer leurs conditions de vie. Hirano a clarifi«± les relations vivantes entre les villes et les villages camerounais, en d«±crivant les activit«±s des associations des m«´mes villages Bamileke. Nobutaka Kamei a effectu«± des recherches anthropologiques sur les malentendants et le langage des signes dans la capitale, Yaound«±, et dans d¡Çautres villes. En faisant avancer la recherche sur les organisations, les «±coles et les activit«±s des malentendants ainsi que l¡Çhistoire et le statut actuel du langage des signes – en se basant sur des entretiens avec des malentendants, Kamei essaie de d«±velopper un nouveau mod«²le th«±orique pour le « d«±veloppement bas«± sur la compr«±hension de la culture des malentendants ». Mikako Toda a men«± une «±tude approfondie de la vie quotidienne des personnes souffrant d¡Çhandicaps physiques dans la capitale Yaound«± afin de mettre en lumi«²re leur situation actuelle. Elle d«±crit leur attitude courageuse et r«±solue pour survivre dans la ville : elles travaillent d¡Çun c«Ôt«± dans des fermes auto-suffisantes «¢ la p«±riph«±rie de la ville, mais d¡Çun autre elles mendient de l¡Çargent pour soigner leurs enfants – ce sont des individus que l¡Çon pourrait difficilement assimil«±s aux handicap«±s qui ont besoin d¡Çune aide sp«±cifique. Yushi Yanohara a effectu«± une observation participante «¢ part enti«²re qui l¡Ça plong«± dans la culture hip hop de la jeunesse de Yaound«± et de la ville portuaire de Douala. Vivant parmi les jeunes, Yanohara, qui a «±galement particip«± «¢ l¡Ç«±criture et «¢ l¡Çinterpr«±tation des chansons hip hop, s¡Çest engag«± dans des activit«±s de recherche uniques qui sortent du cadre de la recherche universitaire traditionnelle.